L'histoire de La Réunion

Il y a environ 3 millions d’années naissait l’île de la Réunion. Son histoire est d’abord celle d’une île déserte. Impressionnés par ses hauts reliefs trop souvent surmontés des panaches de fumée des éruptions volcaniques, les marins de passage dans l’océan Indien furent longtemps réticents à poser le pied sur l’île. Elle fut d’abord visitée, mais non peuplée, par des marins malais, arabes et européens. Sur les cartes marines, elle porta tour à tour les noms de Green Forest, Mascarin, Bourbon ou encore Bonaparte, selon l’imagination et les valeurs des explorateurs hollandais, anglais et français qui prétendirent tous être les premiers à la localiser.

Le peuplement de l’île commence réellement en 1646 lorsqu’à Fort Dauphin, possession française au Sud de Madagascar, une mutinerie éclate. Une douzaine de mutins sont exilés et déposés sur le site actuelle de la ville de Saint-Paul. L’histoire a retenu qu’ils vécurent 3 ans dans une grotte et firent de leur séjour un récit si enthousiaste que l’île fut officiellement revendiquée par le roi de France puis rebaptisée île Bourbon.
Le développement de la nouvelle colonie ne fut guère rapide. Elle resta avant tout fréquentée par des pirates jusqu’au début du XVIIIe siècle, lorsque la Compagnie française des Indes orientales en prit effectivement le contrôle.

L’idée était d’utiliser l’île Bourbon pour ravitailler les navires de passage vers le sous-continent Indien. C’est dans ce but que furent introduits le café, puis les céréales, les épices et le coton. Le terrain fut si propice que la Compagnie des Indes, en dépit de ces statuts qui interdisaient théoriquement l’utilisation de la main d’oeuvre servile, commença la traite vers Bourbon d’esclaves malgaches et africains pour travailler dans les cultures. Rebaptisée île de la Réunion, nom à forte valeur symbolique, aux lendemains de la Révolution, l’île connut ses premières révoltes d’esclaves à la fin indissociable de celle des esclaves qui se rebellèrent contre le sort tragique qui leur était réservé. En 1810, les troupes britanniques, victorieuses des guerres de l’Empire, s’emparèrent de la Réunion.

L’île ne resta anglaise que 5 ans avant d’être rétrocédée à la France, mais cet épisode la changea profondément. L’un des apports des britanniques fut en effet l’introduction de la canne à sucre, qui ne tarda pas à supplanter le café et les cultures vivrières. ce nouveau virage de l’économie eut pour conséquence d’évincer de nombreux petits propriétaires, qui allèrent chercher des terres à l’intérieure de l’île. Parallèlement, naissait une aristocratie de barons du sucre dont la richesse reposait en grande partie sur le travail des esclaves, qui constituaient plus de la moitié de la population de l’île. L’abolition de l’esclavage, en 1848, changea radicalement l’histoire du peuplement de l’île. En quête de main d’oeuvre, les autorités firent venir d’Inde près de 75 000 travailleurs, sous contrat, rejoints ensuite par des Chinois. Le creuset ethnique réunionnais était né.

Profitant de sa position privilégiée sur les voies commerciales entre l’Europe, l’Inde et l’Extrême-Orient, La Réunion connut un âge d’or jusqu’en 1870. La concurrence de la betterave à sucre et l’ouverture du canal de Suez, qui court-circuitait l’itinéraire du cap de Bonne-Espérance, portèrent ensuite un coup fatal à son économie. Elle fut également éprouvée par le blocus de la seconde guerre mondiale.

En 1946, le passage du statut de colonie à celui de département français d’outre-mer permit enfin à l’économie réunionnaise de se redresser. Ce nouveau statut lui octroyait en effet une quasi-égalité avec la métropole et la libérait de la dynamique selon laquelle une colonie doit rapporter davantage d’argent qu’elle n’en coûte. L’île, depuis, est placé sous le juridiction d’un préfet.

L’économie insulaire, outre la canne à sucre, repose massivement sur les services, et en grande partie sur le tourisme. L’agroalimentaire, les fruits, la vanille comptent également dans les revenus de l’île. Le secteur de la construction, dynamique, bénéficie de chantiers importants. De plus en plus peuplée et urbanisée, l’île se dote en effet de nouvelles infrastructures, logements sociaux et routes en tête.